“Increvables !” ou Pourquoi un jour par an ne suffit plus aux Goldies

Un jour par an pour les Goldies (65+) ? Clairement pas assez.

Le 1er octobre, c'est la Journée internationale des personnes âgées. Un jour, calé quelque part dans le calendrier, entre deux autres journées mondiales, pour se souvenir que les seniors existent. Une carte, peut-être une activité organisée par la commune, un article dans la presse locale, et puis on referme le dossier jusqu'à l'année suivante.

Chez WARNED on trouve ça, très sincèrement, un peu léger.

Une population qu'on ne peut plus se permettre de mettre en pause

Les Goldies ne sont pas une parenthèse démographique. Iels sont de plus en plus nombreu’ses, et surtout, iels portent des compétences, des savoir-faire, une mémoire collective et une énergie qu'on a trop souvent tendance à ranger au clou en même temps que la carrière professionnelle. Notre société n'a pas les moyens de laisser ce potentiel sur le bord de la route : ni humainement, ni économiquement.

Car c'est bien de ça qu'il s'agit aussi : d'argent. Continuer à ignorer que les politiques publiques ont un biais agiste, continuer à ne pas investir dans l’inclusion, la prise en charge ou la valorisation des talents des Goldies, ça a un coût : en isolement, en perte de savoir-faire, en dépendance qu'on aurait pu prévenir.. Un coût qui, à terme, sera toujours plus élevé que celui des investissements qu'il faudrait faire aujourd'hui pour garantir un vieillissement durable, pour tout le monde.

Ce coût, si on ne fait rien aujourd'hui, ce sont les jeunes générations qui le paieront demain via des systèmes de santé et de retraite à bout de souffle, hérités d'un problème qu'on aura refusé de voir venir. L'équité intergénérationnelle, ce n'est pas un supplément d'âme qu'on s'offre quand le budget le permet : c'est une condition pour que le système tienne, demain, pour les générations qui viennent après.

Pourquoi WARNED a voulu le festival “Increvables!”

Chez WARNED, on part d'une idée simple : les vieux sont des jeunes comme les autres.

Ce qui change avec l'âge, ce n'est pas l'envie de danser, de débattre, de créer, de séduire, de se tromper, d'apprendre encore. Ce qui change, c'est le regard qu'on pose dessus. Et ce regard-là, on ne le change pas en enfermant les Goldies dans des cases toutes faites (la sagesse, la fragilité, la nostalgie), mais en leur offrant de la déconstruction plutôt que de la déprise.

Déconstruire les clichés, les injonctions à "se poser", les évidences qu'on n'a jamais vraiment questionnées sur ce que "prendre de l'âge" est censé vouloir dire. Plutôt que d'accompagner un lent désengagement de la vie, plutôt que de gérer une "prise en charge", on préfère créer les conditions pour que les Goldies restent des actrices et des acteurs à part entière : de leur vie, de leur ville, de leur festival.

C'est tout l'objet d'“Increvables !” : une semaine entière (et pas un jour) pour prouver, haut et fort, qu'on ne raccroche jamais ses baskets.

Un merci particulier au CCU

Cette première édition n'aurait pas été possible sans le Centre Culturel d'Uccle, notre partenaire dans cette aventure. Ce qui nous touche particulièrement, c'est la manière dont le CCU s'intéresse à ce public : pas seulement comme un public à qui vendre des billets de spectacle, mais comme des habitant’es à qui offrir un espace, une place, un micro. C'est une nuance qui change tout, et qui donne tout son sens à ce partenariat.

Alors rendez-vous du 28 septembre au 5 octobre, au Centre Culturel d'Uccle, pour venir montrer (et voir) ce que « prendre de l'âge » veut vraiment dire.

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