Ce que les Goldies font déjà, et que personne ne compte ..

photo Christine V.

Au Japon, la fête du Respect des aînés est un jour férié depuis 1966, et elle tombe le 21 septembre cette année. Le pays a d'ailleurs fait plus que fêter : ses Silver Human Resources Centers, créés en 1975 comme première agence d'emploi pour seniors, existent aujourd'hui au niveau municipal partout au Japon.

En France, la Semaine bleue est née en 1951 d'une lutte contre la précarité extrême des personnes âgées, et vise aujourd'hui à valoriser la contribution des retraités à la collectivité. Sa 75e édition se tient du 5 au 11 octobre 2026. 

L'Italie, elle, a choisi de financer la connaissance. Le programme Age-It a réuni 350 experts et plus de 114 millions d'euros autour du vieillissement, et il s'est déroulé jusqu'à fin 2025. 

Et chez nous ? Pas de semaine nationale, pas de programme de recherche de cette ampleur. Ce qu'on ne mesure pas n'existe pas dans le débat public, alors mesurons !

La seule statistique qu'on regarde

En Belgique, les seniors sont d'abord une ligne de budget, et l'une des plus surveillées.

Selon le Comité d'étude sur le vieillissement, les dépenses sociales passeraient de 25,7 % à 27,2 % du PIB entre 2025 et 2050, avant de se stabiliser. Cette hausse vient surtout des soins de santé (+2,1 points de PIB) et, dans une moindre mesure, des pensions (+0,7 point). Au total, le « coût du vieillissement » atteint 1,5 point de PIB sur 45 ans, dans le scénario de référence. Et la facture, on a déjà décidé qui la paierait : selon le même Comité, la réforme des pensions réduit le coût des pensions de 1,4 point de PIB sur la période 2025-2070, mais au prix d'une baisse progressive du niveau de vie relatif des pensionnés par rapport aux travailleurs.

La réforme adoptée par la Chambre le 29 mai 2026 instaure un malus pour les personnes qui n'ont pas travaillé au moins 156 jours par an pendant 35 ans. Elle risque de pénaliser surtout les femmes, qui ont historiquement plus souvent travaillé à temps partiel. L'indexation des pensions les plus élevées est aussi limitée entre juillet 2025 et fin 2029, et l'âge légal de la pension, passé à 66 ans, monte progressivement vers 67 ans.

Ailleurs dans le social, on rogne aussi : la réforme du chômage fragilise des milliers d'aidants proches, et le monde associatif traverse des coupes budgétaires.

Pourtant, une pension n'est pas une aumône : elle est financée par les cotisations sociales versées pendant toute une carrière. Et un budget ne mesure que ce que les seniors coûtent, jamais ce qu'ils apportent. Le raisonnement implicite est qu'ils s'arrangeront, qu'ils continueront à donner sans qu'on le compte. Voyons ce qu'ils font déjà.

Ce qu'on ne compte pas

Le bénévolat. Selon l'enquête de la Fondation Roi Baudouin, 736 000 personnes sont bénévoles en Belgique, pour 143 millions d'heures par an. Un volontaire sur trois a plus de 60 ans, même si cette tranche d'âge est aussi plus nombreuse dans la population. Ce sont surtout les pensionnés qui y consacrent le plus de temps. À l'ONE, par exemple, environ 2 600 des 3 800 volontaires ont plus de 65 ans.

Le soin. Près d'un quart des 50 ans et plus dispensent des soins informels, chaque jour (9 %) ou chaque semaine (14 %). La valeur économique de ces soins, tous âges confondus, a été estimée à 22,27 milliards d'euros par an. Ce travail n'apparaît dans aucune ligne de budget.

La garde des petits-enfants. Selon le Conseil des aînés, les grands-parents assureraient 40 % des heures de garde d'enfants. Un chiffre à manier avec prudence mais l'ordre de grandeur en dit long..

Et ces Goldies ne sont pas une poignée : les 65 ans et plus représentent près de 20 % de la population belge, et cette part dépassera 25 % d'ici 2050.

Et maintenant ?

Ce que les seniors apportent n'est mesuré nulle part, et ce qui n'est pas mesuré n'entre dans aucun budget. Ces chiffres, on les a rassemblés pour que plus personne ne puisse dire qu'on ne savait pas. Reste la question : que fait-on maintenant ?

La Ville de Bruxelles, Jette, Forest et Ixelles ont fait le choix de mettre leurs aînés à l'honneur début octobre..

À Uccle, rien n'est prévu. Et la commune ne soutient pas non plus nos activités le reste de l'année. Alors, du 28 septembre au 5 octobre, on fera ce qu'on sait faire : occuper l'espace. Venez, amenez votre voisine, votre tante, un ancien collègue. Et si des élu’es veulent comprendre ce que les seniors apportent à cette commune, les portes du CCU sont ouvertes. Le programme est ici.

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“Increvables !” ou Pourquoi un jour par an ne suffit plus aux Goldies